• Pour une Mythologie Arabe

    Pour une Mythologie Arabe

    par Emna Anahid, vendredi 17 décembre 2010, 20:57

    Par : Emna Jeblaoui

     

     

    Et si nous arrêtions de marcher comme des crabes quand il s’agit de nous représenter l’histoire de la culture arabo-islamique. Commençons par rappeler que la démarche du crabe est caractéristique, il se meut sur le côté. C’est peut-être ce que nous faisons depuis longtemps, avancer sur le côté au lieu d’avancer tout droit : en interrogeant d’abord et surtout l’histoire du voisinage géographique du monde musulman et en étudiant l’histoire des différentes époques islamiques. Il est vrai que le crabe peut être très rapide et qu’il est utile pour nettoyer le sable, donc par analogie étudier l’histoire de l’islam dans ses rapports avec l’autre peut « nettoyer » le sable de notre connaissance de celui-ci. Mais cela ne suffit pas il faudrait à mon sens remonter plus loin et cela a été fait mais le travail n’est pas achevé, je propose donc que nous empruntions la démarche à reculons de l’écrevisse pour emprunter la métaphore d’Umberto Eco.

    Cette introduction inspirée par le monde des crustacés nous amène à affirmer qu’après avoir proposé l’art de vivre comme une issue pour un islam tranquille, nous avons quelques autres issues connues mais à revivifier, ainsi la culture historique fondée est une autre issue pour un islam tranquille.

    Nous avions rappelé auparavant l’aspect intéressent qu’est celui de l’islam tranquille dont nous tenterons d’explorer quelques facettes et dont l’art de vivre n’était qu’une facette qui complète d’autres…

    Pour continuer notre réflexion sur cet islam il fallait à notre sens revisiter le pré-islam, une réconciliation avec l’histoire de l’Arabie préislamique est une démarche nécessaire pour retrouver la sérénité et la tranquillité de la culture islamique. Ainsi les arabes aurait étaient une composante importante de l’islam naissant il n’aurait pas contribué avec l’épée uniquement comme certains se plaisent à répéter. Un petit voyage dans l’Arabie préislamique s’impose pour se rappeler ou découvrir une culture sophistiquée savante contrairement à une idée préconçue qui se représente cette culture comme bédouine barbare et violente (certaines écoles orientalistes) .

    Cette donne, celle des humanités comme savoir aura peut-être était délaissée n’étant pas une priorité de l’ère du Global.

     Aussi au hasard d’une autre lecture proposerais-je quelques ingrédients pour retrouver une composante de notre dite personnalité tunisienne, la culture arabo-islamique. En effet, quel que soit le mode dont cette croyance est vécue l’aspect culturel aura marqué tout le monde et aura eu un impact sur les individus alors chacun conjugue son rapport à cet apport culturel d’une manière qui soit propre à son individualité.

    Mahmoud Salim al-Hout nous a livré un texte intitulé Sur la Route de la Mythologie chez les Arabes : Une étude complète sur les croyances et les légendes arabes en période préislamique, 317p, ed 1, Dar Al-Kutub, Beyrouth 1955.

    Il est certain que la culture islamique qui a généré une mosaïque d’Arts de lettres et de Savoirs : dont des textes majeures et bien d’autres contributions à une culture universelle enrichie par cet apport.

     

    Salim al-Hout nous dit dans un extrait qui nous donnera le gout de plonger dans cette mythologie arabe ou il raconte les légendes des « arabes péris » les qahtanis ou les arabes du sud les plus raffinés et les adnanis les arabes du nord un peu moins citadins: « nous avons évoqué précédemment la construction de la Mecque et les histoires qui traitent de l’époque d’Abraham et d’Ismaël  depuis leur venue (en Arabie) au Hijaz à une époque que nous ne pouvons pas situer avec précision .

    Nous savons qu’il y a d’autres légendes parlant d’autres peuples encore plus anciens que les Adnanis des peuples bien ancestraux et condamnés aux oubliettes de l’Histoire ceux que certains ont eu pour habitude d’appeler « lesArabes Péris ». Les tribus les plus fameuses étant : ‘Ad, Thamūd, Tasam, Jadis, Jorhom et les 'Amaleeq. 

    ‘Ad et Thamūd sont parents ou plutôt cousins Il a été question de leur issue dans le coran. Ils ont été cités comme exemple pour les mécréants. Elles ont été prises par la tyrannie de la grandeur après que Dieu ait tué les humains avec le Déluge  de Noé elles sont liées à celui-ci à travers la branche d’Iram et de Sam . Il est dit dans l’histoire de Tabari comme l’explique ce schéma :

     

    Noé

     

    Sam

     

    Iram

     

    Jethro                                                                       ‘ous

    Thamud                                                                    ‘ad

     

    ‘Ad était avait pour territoire comme le dit Yaqut installé Al-Ahqaf … »

     

    C’est une Arabie inattendue, presque inconnue qui s’offre à l’imaginaire lorsqu’on découvre ce beau texte, coloré d’histoires que l’on imagine venu du désert, un enchantement pour l’esprit l’on pourrait trouver dans ce Jardin préislamique. On aura j’espère après cet avant-gout l’occasion de l’explorer dans les semaines à venir.

     

     paru dans le supplément culturel no3 de la presse (supplément paraissant tous les vendredis)


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